Carnet de voyage moto dans
la séduisante Thaïlande (du Sud au Nord)
du 30 janvier au 17 février 2006 |
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Récit
au jour le jour composé par Bernard Benoît,
Président de la Fédération Motocycliste
du Québec
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Jours 1 et 2, lundi 30 et mardi 31 janvier - Envol et arrivée
à Bangkok... |
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De bon matin, seize passionnés de motos et quatre
amateurs de voyages se retrouvent à Montréal Trudeau
pour un vol en partance pour Chicago à 6 heures avec destination
finale Bangkok. Nous arriverons à destination
le 31 à 23h30, heure de Bangkok, soit près de 30
heures après notre envol de Montréal. Première
expérience d’un si long vol pour tous, sauf pour
nos accompagnateurs de Traditours, Jacques et Christine. L’escale
à Tokyo aura été appréciée
pour nous dégourdir dans plus d’espace qu’une
allée de Boeing. L’atterrissage à Chicago
nous a démontré qu’un Embraer 170 n’a
rien à envier à une BMW en termes de capacité
de freinage. Même Jacques, qui prend l’avion plus
souvent que son auto, n’avait jamais assisté à
une telle décélération. Durant toutes ces
heures en vol, on mange, on dort, on regarde un film, on mange,
on dort, on mange. On se fait réveiller pour manger ! Puis
on dort à nouveau.
Il est minuit passé à notre sortie de l’aéroport
de Bangkok. Nous sommes chaleureusement accueillis par Tain Mo
qui sera notre guide thaïlandais tout au long des prochains
jours. C’est l’hiver ici aussi mais les conditions
sont différentes. Nous sommes partis de Montréal
sous la neige et à - 5 degrés celsius alors qu’ici
la nuit est fraîche à près de 30 degrés
celsius pour Tain Mo qui, tout en suant à grosses gouttes,
commence déjà à nous décrire son merveilleux
pays en s’excusant qu’il y ait l’hiver.
Nous apprenons que nous avons fait un saut dans le temps
de beaucoup plus que 12 heures durant ce vol. Nous arrivons au
lendemain des festivités du Nouvel An chinois. Nous sommes
maintenant en 2549 selon le calendrier bouddhiste, Bouddha étant
mort 543 ans avant Jésus.
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| Jour
3, mercredi 1er février - Visite de Bangkok |
Notre séjour en Thaïlande débute
par une visite de Bangkok au cours de laquelle notre guide nous
éduque à la culture et aux valeurs thaïlandaises.
L’une d’elles, celle de l’honnêteté,
aura pris moins de 24 heures à se prouver. L’une
de nos passagères avait oublié un sac à
l’aéroport à notre arrivée et, avant
que l’après-midi ne soit passé, on lui annonçait
qu’il avait été retrouvé avec tout
son contenu. Certains ont prétendu que les prières
à St-Antoine de Padoue et à Bouddha ont porté
fruit mais je suis enclin à croire que c’est à
la culture locale qu’il faut accorder le crédit
de cette récupération. Honnêteté
n’égale pas nécessairement absence de distraction.
Tain Mo s’est appliqué à nous le prouver
en nous entraînant à sa suite avec nos chaussures
dans l’entrée d’un temple où il fallait
être pieds nus. Au cours de nos visites des temples bouddhistes,
cœur de la culture locale, Tain Mo nous a démontré
ses talents de narrateur mais aussi de chanteur, autant en thaï
qu’en français. Par ailleurs, tout comme l’honnêteté
n’exclut pas la distraction, notre guide s’est révélé
fort taquin et respectueux à la fois.
Bangkok n’est située qu’à 5 mètres
au-dessus du niveau de la mer. De nombreux canaux ont donc été
aménagés pour favoriser la circulation. Nos déplacements
se sont donc faits en car et en bateaux ‘long-tail’
typiques de la région.
Après les temples durant le jour et la ferveur religieuse
qui les accompagne, nous avons droit en soirée à
l’autre visage de Bangkok, le quartier chaud de Pat Pong.
C’est à voir : assez différent des costumes
portés par les figurants du spectacle de danse traditionnelle
auquel nous avons assisté durant le souper. C’est
au retour de Pat Pong que certains d’entre nous font leur
première expérience de la moto en Thaïlande.
Plutôt que reprendre le car, ils optent pour rentrer en
‘tuk-tuk’, motos à 3 roues pour transporter
deux passagers côte à côte derrière
le pilote. Démarrage en ‘wheelies’ et tricotage
habile dans la circulation ont fortement impressionné
nos amis.
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Jour 4, jeudi 2 février -
Bangkok / Pattaya (transfert en autobus)
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Nous allons quitter Bangkok aujourd’hui mais pas sans
avoir d’abord passé l’avant-midi dans son
quartier chinois. Les chinois sont les principaux partenaires
commerciaux de la Thaïlande depuis plusieurs siècles.
Commerce est un euphémisme ici. Chaque pouce carré
de rue est occupé par des quantités phénoménales
de marchandises dont la variété dépasse
l’imagination. La foule humaine se mêle
à la circulation dans des ruelles qui ne laissent plus
passer que deux personnes, ou presque, côte à côte.
Motocyclettes de petite cylindrée, chargées comme
des camions et bacs de nourriture et autres denrées ou
marchandises se frayent un chemin parmi nous. On devine
que le soleil brille au-dessus des auvents et toits de tôle
qui recouvrent entièrement ces rues secondaires et empêchent
le soleil de nous cuire. Les motos sont aussi omniprésentes
que les vélos peuvent être absents.
Un mot sur le respect des thaïlandais. Une petite complication
médicale a forcé l’un d’entre nous
à se rendre à l’hôpital. L’accueil
et le coût des soins devraient être sérieusement
étudiés par nos responsables du réseau
de santé. Ici on se confond en excuses de vous faire
attendre cinq minutes et on compatit encore avec vous lorsque
le spécialiste attendu arrive quatre minutes plus tard.
En fin de compte, vingt minutes après votre arrivée
à l’hôpital et quarante dollars canadiens
plus tard, vous avez vu un spécialise et avez en mains
les médicaments requis par votre condition. Aurions-nous
quelque chose à apprendre de ce pays économiquement
plus pauvre mais plus riche de bien d’autres façons
? Après le dîner sur un bateau, nous quittons Bangkok
pour Pattaya, 140 kms au sud-est, où nous finirons de
nous ajuster au décalage horaire avant de prendre livraison
de nos motos.
Durant le trajet en car, notre guide nous informe des
règles de circulation en Thaïlande où ça
roule à gauche. Il nous enseigne les signes
utilisés par les motocyclistes locaux, très semblables
aux nôtres, et surtout il nous livre sa passion de la
moto et de la magie qui l’entoure. Ici, de l’autre
côté du globe, un motocycliste de culture tout
à fait différente nous explique le plaisir de
la moto dans des mots et par des sentiments identiques à
nos expressions québécoises : le contact direct
avec les odeurs environnantes et avec les variations de température
; notre corps et notre esprit en symbiose avec la nature qui
nous entoure ; la liberté et la relation intime avec
notre environnement. Illustration on ne peut plus évidente
que les différences de couleurs, religions, nationalités
ou langues disparaissent lorsque deux motocyclistes passionnés
se rencontrent. Vraiment spécial ! En arrivant à
notre hôtel, nous pouvons enfin voir les motos qui nous
seront confiées au cours des prochains jours mais ce
n’est pas encore le temps de les monter…
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Jour 5, vendredi 3 février - Pattaya
(excursion en bateau à l'Île aux Coraux et prise
en charge de nos motos)
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Journée à la station balnéaire
de l’Île aux Coraux que nous atteignons
en moins d’une demi-heure en bateau rapide. Mer turquoise.
Eau limpide. Baignade. Soleil. Jeux aquatiques. Fruits de mer
tout à fait exquis. Journée de détente
pour compléter notre ajustement au décalage horaire
afin d’être frais et dispos avant de monter sur
nos motos. Nous sommes sur une plage de la Mer de Chine. Je
n’aurais jamais pensé, tout jeune, en lisant les
récits de Marco Polo, que je m’y retrouverais un
jour. Douce exaltation en même temps que se fait
plus perceptible la fébrilité d’essayer
nos engins sélectionnés pour chacun la veille
lors d’une réunion de groupe. Au menu : des Honda
CB 1300, Shadow et Phantom, une Suzuki 800 et des Yamaha V-Max
et XJR 1300. C’est l’une de ces dernières
que j’ai retenue pour le moment.
Au retour de la plage, avant d’aller souper, le
moment est venu de nous acclimater à nos montures
dont aucune n’est celle habituellement pilotée
par quiconque d’entre nous. Après quelques exercices
dans le stationnement de l’hôtel, le groupe effectue
une courte sortie, le temps de faire le plein d’essence
des machines et de nous pratiquer à évoluer dans
la circulation thaïlandaise où les motos sont omniprésentes
et la circulation abondante mais pas obligatoirement fluide.
Merci à nos dossards oranges qui nous ont permis de nous
repérer plus facilement car l’obscurité
a eu le temps d’arriver avant notre retour à l’hôtel.
Nous étions prévenus qu’un niveau d’habileté
motocycliste plus que minimal était préférable
pour vraiment apprécier ce voyage. Nous avons compris
pourquoi dès aujourd’hui alors que nous nous frayions
notre route dans l’intense circulation urbaine. Un novice
aurait probablement figé et aurait dû revenir à
l’hôtel comme passager. Pas de problème pour
notre groupe qui s’est rapidement adapté, tant
aux machines qu’à l’environnement. Et le
plaisir d’avoir roulé ces moins de 30 kms, malgré
des conditions de circulation dignes des heures de pointe montréalaises,
pouvait se lire dans les yeux brillants de tous. Oui il a fait
chaud mais, à moto, tout est beau ! Et pour clore cette
sortie, avec l’aide de Tain Mo, on a trouvé
le nom que va porter la XJR 1300 que Vio et moi allons monter.
Elle s’appellera ‘Ma Bine’, ce qui, en thaïlandais,
signifie ‘cheval ailé’.
Cette courte sortie a permis aussi de constater que l’utilisation
d’un masque ou d’un mouchoir sur la bouche et le
visage ici n’est pas qu’esthétique : c’est
un filtre à air rudimentaire certes mais non négligeable
dans la pollution notable.
(29
kms dans Pattaya)
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Jour
6, samedi 4 février - Pattaya / Bang Pa In / Ayuthaya |
C’est aujourd’hui que nous attaquons notre
première étape du tour de la Thaïlande
à moto. Départ peu après 8 heures.
Notre trajet implique de passer par Bangkok qui doit être
perturbée par une importante manifestation. Nos guides
nous font donc passer par les autoroutes périphériques
mais le trafic y demeure intense. Difficile dans ces conditions
de ne pas voir le groupe de 12 divisé en deux pelotons
ou plus. Nous avons eu l’occasion de faire l’expérience
des carrefours giratoires, un aménagement peu commun
au Québec. Dans cette circulation où chaque centimètre
est occupé, les manœuvres se révèlent
perplexe. Les compétences motocyclistes de certains se
révèlent salutaires pour d’autres.
L’efficacité de l’équipe de
soutien est irréprochable. Un bruit a commencé
à se faire entendre sur ma XJR 1300 en mi-journée.
Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtions
pour la visite du Palais Royal d’été. Durant
cette pause, les mécanos ont identifié et réglé
le problème en changeant le roulement de la roue arrière.
On nous avait prévenus que le revêtement pouvait
s’avérer glissant. J’en ai fait l’expérience
lors d’un démarrage sur un coin de rue où
l’on partait vers la gauche. Un départ énergique
a fait déraper l’arrière. J’ai heureusement
bien réagi et suis demeuré en contrôle,
ce qui a passablement impressionné Ali, l’un de
nos accompagnateurs qui me suivait. Vio se sent mal depuis hier.
Elle n’est montée derrière qu’entre
la pause du matin et l’arrêt à Bang Pa In.
La dernière partie a été une autre expérience.
Après un dîner tardif vers 14h30, nous repartons
pour deux visites dans les environs. Au sortir de la première
pour nous rendre à la deuxième, le groupe se voit
tellement séparé que nous sommes quatre en plus
d’Ali, heureusement, à complètement perdre
de vue la tête du groupe. Ali n’est pas certain
non plus mais prend la tête du tour pour nous conduire
là où nous devons nous rendre. C’est une
conduite nouvelle entre les voitures en milieu urbain bondé.
Ali y va gaiement mais ça demande plus à mes trois
amis de l’Abitibi et moi-même. Je les perds de vue
à un moment donné car je suis bloqué à
une intersection. C’est ici que j’ai hautement apprécié
les dossards oranges visibles de très loin.
En bref, agréable mais attention à la
délinquance quand nous serons de retour au Québec.
(234
kms)
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Jour
7, dimanche 5 février - Ayuthaya / Lopburi / Phitsanuloke |
Autre journée qui nous gratifie d’un temps superbe.
Vio va mieux et roule toute la journée avec moi. Au
fur et à mesure que nous nous éloignons de Bangkok,
la densité de la circulation diminue, ce qui rend plus
facile de maintenir le groupe ensemble. Une petite
réunion avant de partir nous permet de faire le point
sur les améliorations à apporter pour la sécurité
de notre conduite en groupe. Certains en profitent pour prendre
quelques conseils utiles pour mieux apprécier leur moto.
On roule essentiellement sur une autoroute aujourd’hui.
Le clou de la journée est la visite de Lopburi, ville
dont le centre et le temple sont dominés par les singes
qui se promènent allègrement sur les fils électriques
et montent sur le train lorsqu’il passe et qu’ils
ont le goût de faire un tour à la campagne. Ici,
pas question de laisser voir quoi que ce soit qui brille car,
avant de le réaliser, un singe vous l’aura prestement
subtilisé. Les gens installent des grilles aux fenêtres
car ils se retrouveraient avec des singes partout dans la maison.
Succulent buffet dans un restaurant où les touristes
entrent par cars incessants.
En après-midi, le groupe a l’occasion d’expérimenter
la technique établie par Jacques en cas de pépin
alors que les Honda se mettent à tomber sur la réserve.
Il fait chaud arrêté mais ça va très
bien en roulant, bien qu’il demeure capital de se protéger
du soleil. Une envolée de cygnes s’élève
devant nous en route. Pour ceux ou celles qui auraient eu le
mal du pays et surtout de nos routes, une courte section de
la 1 les aura guéri. La portion entre Lopburi et Phitchit
n’avait pas la douceur d’un tapis que nous avons
connue jusqu’ici. Pas de nid de poule mais des bosses
et autres irrégularités de la chaussée
qui rendent la suspension bien utile.
Tous sont ravis et on a hâte de sortir des autoroutes
rectilignes en ce pays plat jusqu’ici où les seules
dénivellations étaient celles des viaducs. Ça
s’en vient !
(341
kms)
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| Jour
8, lundi 6 février - Phitsanuloke / Lampang / Chiang Mai |
Les journées sont si bien remplies que j’arrive
à peine à prendre le temps de mettre mon carnet
à jour. Un ciel radieux continue de nous accompagner
aujourd’hui. On se retrouve maintenant sur des
routes secondaires passant au milieu des rizières et
des champs de canne à sucre. Les vaches locales
ont de longues oreilles. Côtes et courbes commencent lentement.
Nous comprenons une fois de plus pourquoi la Thaïlande
est surnommée le pays du sourire quand on voit ceux si
nombreux dont nous sommes gratifiés sur notre passage.
Nos kilomètres d’aujourd’hui sont entrecoupés
d’une visite à vélo de Sukhothai et d’une
autre en calèche de Lampang.
À chaque endroit, la coordination
est irréprochable et tout est réglé au
quart de tour. Nous sommes attendus et chaque activité
s’enchaîne dès que nous descendons de moto.
Après être partis à 8 heures ce matin, nous
arrivons à 20 heures à Chiang Mai, soit une heure
après la tombée de l’obscurité. Cette
dernière heure représente un défi pour
plusieurs peu enclins à rouler de nuit, à plus
forte raison dans des conditions peu familières. Peu
avant Chiang Mai, nous avons pris le temps de nous arrêter
en bordure de route à un étalage rudimentaire
nommé le Marché de forêt de Tung Kwian.
Y sont offerts, pour les amateurs, diverses denrées genre
cocons de soie, grillons séchés, vers d’une
autre sorte toujours bien vivants, champignons sauvages, lamproies
vivantes, etc. J’ai fait l’expérience des
grillons et des vers non identifiés mais je me suis arrêté
en sentant les cocons. Ma réticence s’est renforcée
après le refus de toute l’équipe technique
de goûter à ce que notre guide nous a présenté
comme une exquise douceur dont il raffole. Vio est restée
bien en selle toute la journée. Tout va très bien.
(383
kms)
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Jour
9, mardi 7 février - Chiang Mai et environs |
Peu de kilométrage aujourd’hui mais de
fort intéressantes visites à divers endroits de
Chiang Mai, haut lieu de l’artisanat thaïlandais.
Les achats sont nombreux ici. Le clou pour la moto aura été
notre ascension vers le temple Doi Suthep sis au sommet d’une
montagne qui domine Chiang Mai : 32 courbes prononcées
sur un revêtement de belle qualité pour gravir
plus de 1000 mètres en moins de 10 kilomètres.
Tout comme hier, nous avons pris le dîner dans un magnifique
restaurant si au milieu d’un jardin luxuriant et exotique.
Nos visites à la ferme d’orchidées et aux
divers ateliers ont été enrichis d’accueils
avec breuvages à plusieurs endroits et, au surprise,
des commentateurs spécialisés parlant français.
Le massage thaïlandais traditionnel qui a précédé
le souper a constitué une expérience hautement
appréciée de tous.
Jacques roule à moto avec nous depuis hier et son sourire
s’élargit de plus en plus, enchanté qu’il
est de pouvoir rouler avec une des CB 1300.
L’équipe technique est toujours aussi présente
et efficace au point que je me demandais si elle n’allait
pas en profiter pour faire le changement d’huile des motos
pendant qu’on attendait à un feu rouge.
Vio et moi sommes vraiment tombés en amour avec
‘Ma bine’, la XJR 1300 qui nous sert de monture
depuis 4 jours. Au point où elle suggère de vendre
Liberté et la CB 1000 pour nous procurer une sport !
Ah oui ! On a vu la fête de la lumière durant le
souper et des artistes aux doigts magiques ont produit en un
rien de temps toutes sortes d’œuvres sur n’importe
quoi qui leur était présenté. Ainsi Vio
a fait dessiné ‘Ma bine’, le cheval ailé,
sur son casque.
(92
kms)
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Jour
10, mercredi 8 février - Chiang Mai / Pai / Mae Hong Son |
Les merveilles de la Thaïlande traditionnelle si
chères a Traditours nous sont réellement apparues
aujourd’hui. La magnificence des paysages
du Nord a comblé nos yeux alors que les près de
200 km de la 1095 vers Mae Hong Son ont ravi notre côté
motocycliste. Cette route traverse les montagnes au moyen de
1860 courbes dont une portion importante en épingles
à cheveux. Vitesse moyenne : moins de 60 km/h, souvent
40 km/h. Les virages serrés imposent une vitesse réduite.
On partage le route avec des vaches ici et là. Le défi
se veut plus grand pour certains en raison de longues sections
en construction nous amenant ainsi à conduire sur le
gravier. Paysages époustouflants !
Visite d’une tribu montagnarde et dîner dans un
restaurant champêtre dont la qualité de la nourriture
n’a rien à envier aux autres tables où nous
avons mangé jusqu’ici. ‘Ma bine’ se
comporte merveilleusement bien et Vio s’y est sentie en
pleine sécurité tout au long de cette journée
à rouler plus souvent inclinés d’un côté
à l’autre qu’à la verticale. L’épreuve
a été assez grande pour forcer deux des trois
conductrices à laisser leurs guidons aux techniciens
durant un certain temps. Partout ici, les résidences
sont modestes mais les temples demeurent imposants.
À Mae Hong Son, nous logeons à nouveau dans un
hôtel de catégorie supérieure au cachet
bien particulier, où le bois est omniprésent.
Repos bien mérité après un souper de roi
qui couronnait une journée où tous nos sens et
notre talent ont été sollicités. Notre
passion de la moto a trouvé tout son libre cours aujourd’hui.
(264
kms)
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Jour
11, jeudi 9 février - Mae Hong Son |
Courte journée de moto aujourd’hui mais
des expériences extraordinaires qui nous ont à
nouveau ravis.
D’abord un soleil resplendissant comme tous les autres
jours. Ensuite une route secondaire qui nous a conduits sur
un sommet qui surplombe Mae Hong Son. Beau temple de style birman.
Vue imprenable sur la ville, son aéroport et sa prison.
Mae Hong Son se situe dans une cuvette au milieu de montagnes
l’enclavant complètement. On se rend ensuite
au village de la tribu Karen, celle des femmes aux longs cous.
Route étroite et sinueuse, toute de ciment, qui traverse
de petits cours d’eau à gué à plusieurs
reprises. Si l’eau avait été plus haute,
c’est le bateau qui nous y aurait conduits. Nous sommes
choyés de pouvoir nous y rendre à moto même
si la traverse à gué m’aura joué
un tour alors que Vio et moi avons chuté dans la rivière
lors d’un des passages. Un faux mouvement sur ce fond
limoneux n’est pas permis. Pas de mal heureusement, ni
de dommages. On a même ri alors que l’un des techniciens,
accouru pour nous aider, s’est retrouvé assis dans
la rivière et aussi mouillé que nous.
La visite du village et le temps passé avec les
enfants à l’école demeureront des souvenirs
inoubliables. De même, le fait de partager la
route avec les éléphants et leurs cornacs. Puis,
encore un dîner dans un décor exotique près
d’une rivière de l’autre côté
de laquelle passent et paissent des éléphants.
Au retour, après-midi libre dont nous profitons, Jean-Louis,
Hélène et moi, accompagnés d’Ali,
pour pousser une pointe aux alentours. On a aussi pu voir des
dromadaires en route sur le chemin du retour du village des
Karen.
Souper en ville où je me rends en moto en compagnie de
Jacques et Christine ainsi que Tain Mo et Jean-Louis. La magie
se poursuit. Le bonheur de rouler en ces lieux peu communs avec
des gens de bonne compagnie ne trouve pas les mots pour se décrire.
(74
kms)
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Jour
12, vendredi 10 février - Mae Hong Son / Pai / Chiang Mai
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Jour de pur délice. On retourne de Mae
Hong Son à Chiang Mai par la 1095, cette même route
empruntée il y a deux jours pour le trajet inverse. Les
contacts de Tain Mo font que chacun de nous se voit remettre
un certificat signé du maire et du préfet de la
ville attestant que nous avons franchi les 1864 courbes de la
1095 pour nous rendre à Mae Hong Son. On parle de 200
kms, donc 9,32 courbes par kilomètre. À l’aller,
nous nous sommes régalés du paysage et cette fois,
un petit groupe prend les devants pour accélérer
la cadence et goûter un peu mieux à la volupté
de ces courbes tout en respectant les limites des machines et
de leurs pilotes. C’est le cadeau que Jacques se fait
annuellement. En route, arrêt pour dîner à
Pai dans un centre de villégiature aussi charmant que
ceux des jours précédents.
Partis vers 8h00, nous arrivons à notre superbe hôtel
de Chiang Mai peu après 17h00 merveilleusement repus
de ces kilomètres enchanteurs et revêtus d’une
couche de poussière et de saleté, fruits des sections
en construction.
Encore ici, comme tous les soirs où nous sommes arrivés,
nous sommes accueillis par un cocktail de bienvenue, très
bienvenu... Suivent une bonne douche et une courte détente
avant de sortir pour un autre souper spectacle où nous
nous rendrons en navette. Spectacle enchanteur où autant
les acteurs que les spectateurs ont ri et participé.
Ce matin, Tain Mo nous disait qu’il y a deux jours,
nous nous sommes fiancés avec la 1095, cette route recherchée
par de nombreux motocyclistes y compris les thaïlandais.
Aujourd’hui, a-t-il pris soin d’ajouter, nous allions
nous marier avec elle. Belle noce, bonheur pour tous.
Quant à ‘Ma bine’, notre moto, elle va avoir
besoin d’une petite vérification car elle s’est
mise à perdre de l’huile. Désagréable
pour tous ceux qui nous suivent et pour le sol où nous
nous arrêtons.
(257
kms)
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Jour
13, samedi 11 février - Chiang Mai / Tha Ton / Chiang Rai |
Matin brumeux, un peu de soleil par la suite puis un ennuagement
qui conduira à de la pluie en après-midi. En plus
des motos, nous nous baladons aujourd’hui à
dos d’éléphants et en charrettes tirées
par des boeufs. Court arrêt également au village
des montagnards Ban Mong, question de voir comment ils vivent.
Après la première pause du matin, Jacques suggère
à nouveau, puisqu’on ne peut se tromper de route,
que chacun y aille à son rythme jusqu’à
un point de rendez-vous identifiable. La 107, après
les éléphants, nous réserve à nouveau
de belles sinuosités en montagnes, ce qui nous permet
de faire allègrement valser nos motos. Beaux panoramas
et routes de très bonne qualité. Dès
après le dîner, la pluie se met de la partie mais
les camionnettes nous ont devancé et nos impers, restés
dans les bagages, ne sont pas à portée de main.
On se retrouve donc vraiment trempés sauf Vio qui a eu
la bonne idée de sauter dans la vannette à une
pause précédent les pluies plus abondantes.
À l’approche de Chiang Rai, l’un d’entre
nous dérape en freinant sur l’asphalte mouillée.
Pas blessé et les dommages mineurs à la moto,
pédale et levier de vitesse brisés en plus des
dommages esthétiques, sont vite réparés
par l’équipe technique, toujours aussi efficace.
Trempés comme nous le sommes, nous optons pour nous rendre
directement à l’hôtel plutôt que de
nous arrêter à un autre village comme il était
prévu.
La pluie a cessé avec la chute à l’entrée
de Chiang Rai. Comme d’habitude, le dîner dans un
‘relais gourmand’ le long d’une rivière
a été savoureux.
(279
kms)
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| Jour
14, dimanche 12 février - Chiang Rai / Triangle d'Or /
Chiang Rai |
L’extrême nord de la Thaïlande nous
attend aujourd’hui alors que nous nous
rendons au célèbre Triangle d’or, au confluent
du Mékong et de la rivière Ruok. À
cet endroit se touchent trois pays: le Laos, la Birmanie
et la Thaïlande bien évidemment. Routes toujours
d’excellente qualité mais, après la 1095
entre Chiang Mai et Mae Hong Son, moins excitantes. Nous roulons
mollo aujourd’hui au milieu des rizières et des
champs de pois chiches. Autre visite d’un village de tribu
montagnarde. Croisière sur le Mékong, le temps
d’aller poser le pied au Laos sur l’île de
Don Sao où tous font de bons achats à bas prix.
Dîner à Mae Sai sur la rive du Mékong et
retour à l’hôtel avec quelques arrêts
le long de la route dont Tain Mo profite pour nous expliquer
la culture du riz et son traitement après la récolte.
Bien que nous disposions de quelques heures libres demain
matin, le moment est venu d’officiellement nous séparer
de nos merveilleuses machines qui ont contribué à
nous donner tant de plaisir depuis 10 jours.
Ah j’allais oublier. Petit problème technique avec
Ma bine en sortant de la ville ce matin. Le mécanisme
d’embrayage est resté coincé en position
débrayée. Arrêt sur le côté
de la route. L’équipe des mécanos est sur
place avant que nous ayons eu le temps de descendre de moto.
Le problème semble plus long à résoudre.
Vio et moi montons dans le minicar pour rejoindre le reste du
groupe dont nous fermions le cortège. Liliane m’offre
de prendre sa Honda Phantom 750 car elle trouve le temps frais
ce matin. Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtons
pour le plein et l’équipe technique arrive avec
Mabine en pleine fonction. Tout va toujours aussi bien.
(191
kms)
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| Jour
15, lundi 13 février 2006 - Chiang Rai / Triangle d'Or
/ Chiang Rai |
Avant-midi libre avant de quitter pour l’aéroport
après le lunch. Un avion nous ramènera à
Bangkok. Nous avons l’occasion de reprendre les motos
ce matin si ça nous le dit. C’est ce qu’Hélène
et moi optons de faire. Selon mes estimations, nous avons le
temps de retourner au Triangle d’or et en revenir pour
midi. Avec la carte routière comme guide et en lisant
les chiffres des panneaux routiers, nous effectuons cette balade
sans problème et sommes de retour à midi et deux
minutes.
Le temps de dîner et nous montons à l’arrière
d’une camionnette-taxi pour le trajet d’une quinzaine
de minutes jusqu’à l’aéroport. Agréable
randonnée ce matin qui m’a permis de faire l’achat
de chandails au Triangle d’or et de photographier un groupe
de travailleurs dans une rizière. Plutôt frais
au départ mais le soleil était bien installé
au retour. C’est ici que se termine véritablement
le volet moto de ce merveilleux voyage qui nous aura permis
d’effectuer au total 2 288 kilomètres dans cette
Thaïlande, pays du sourire et aussi royaume de la moto,
du respect et de la politesse.
(144
kms)
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| Et maintenant, à
la plage pour deux jours et une dernière virée à
pied et en taxi dans Bangkok avant le grand retour... |
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